Forêts d’Aspe

A l’occasion de la projection, samedi 23 mars 2019, du film de François-Xavier Drouet, Le Temps des forêts, nous vous proposons quelques réflexions sur les forêts d’Aspe, tant du point de vue de leur morphologie que de leur gestion.

En 1932, le géographe Henri Gaussen proposait une description des forêts de la vallée d’Aspe, telles que nous ne les connaissons plus tout à fait :

« Si on remonte la rivière en amont d’Oloron, on suit une large vallée avec les terrasses fluvioglaciaires classiques pendant que le gave d’Ossau se tord au fond de son lit étroit. Le Maïs, l’éternel Maïs du Béarn, accompagne la Vigne en hautains : nous sommes encore très bas, pas même à 300 m. d’altitude. Les Châtaigniers se montrent sur les alluvions et les pentes des premiers coteaux ; la touya d’Ajoncs et Fougères alterne avec les bois de Chênes et comme toujours Peupliers et Frênes croissent au bord des eaux. Voici le Iront pyrénéen et la première barre calcaire : l’inévitable Buis est à son poste avec de la broussaille de Noisetiers. »

Henri Gaussen, « Les forêts de la Vallée d’Aspe« , Revue géographique des Pyrénées et du Sud-Ouest, 1932.

 

En 1990, la géographe Marie-Thérèse Labarthe analysait le processus d’intégration des forêts de la vallée d’Aspe au sein des politiques étatiques de gestion forestière :

« Trois grandes étapes marquent l’histoire de la vallée ; toutes les trois sont marquées par l’implantation progressive d’une administration gestionnaire spécifique. Avant la Révolution, l’espace forestier est en vallée d’Aspe l’objet d’une exploitation autarcique selon des usages (1) qui privilégient une activité, l’élevage, et demeurent dans une quasi ignorance de la législation de Colbert. Seule l’exploitation de la mâture (2) au XVIIIe siècle rompt l’isolement de la vallée. Succède, jusqu’à la veille de la Première guerre mondiale, une période transitoire où les habitants de la vallée confirment leur volonté de maintenir le statu quo de leur territoire et de leur mode de vie, sans toutefois parvenir à éviter l’ingérence de l’administration des Eaux et Forêts ; un bornage de l’espace forestier et pastoral s’ébauche, alors que le bois ne trouve que difficilement quelques débouchés locaux. Au cours du XXe siècle enfin, l’activité agro-pastorale perdant sa prééminence séculaire, les besoins de parcours devenant moins criants, les communes s’ouvrent pleinement à l’économie de marché, alors que d’autres enjeux remettent en cause cette politique restrictive d’utilisation des espaces boisés. »

Marie-Thérèse Labarthe, « L’espace forestier en vallée d’Aspe (Pyrénées-Atlantiques) : de l’écosystème pastoral à l’intégration étatique », Revue géographique des Pyrénées et du Sud-Ouest, 1990.

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